L'ostéopathie crânienne contre de multiples troubles de santé

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« Contrairement à ce qu'on apprend à l'école, les os du crâne ne se soudent pas pendant la croissance : ils bougent ! » explique le Dr Mariette Loubet, ostéopathe à Paris. Cette découverte, faite en 1899 par William Gardner Sutherland, un journaliste américain reconverti à l'ostéopathie, a mis presque un siècle pour s'imposer. Mais aujourd'hui, elle a révolutionné la pratique et a donné naissance à l'ostéopathie crânienne qui s'intéresse au couple crâne-sacrum, une entité indissociable. Désormais, de plus en plus de médecins généralistes, pédiatres, psychiatres et chirurgiens-dentistes adressent leurs patients à un ostéopathe qui pratique l'ostéopathie crânienne.

Comment ça fonctionne ?

«Pour comprendre le principe de l'ostéopathie cranio-sacrée, il suffit d'imaginer une cellule », poursuit Mariette Loubet. Lorsque la cellule se remplit de liquide extracellulaire, elle enfle. Lorsqu'elle relâche ce liquide, elle se rétracte. Cette pulsation infime devient, quand plusieurs milliards de cellules sont rassemblées, une pulsation rythmique palpable (6 à 14 fois par minute). Elle se produit au niveau du système nerveux central (cerveau, bulbe rachidien et moelle épinière). Ce mécanisme (dit « respiratoire primaire ») se propage, via le liquide céphalorachidien, jusqu'aux os du crâne. « En cas d'agression physique (chute), chimique (absorption de médicaments) ou psychologie, le rythme est perturbé et déforme la membrane qui enveloppe le système nerveux depuis le crâne jusqu'au sacrum. Dans la mesure où cette membrane n'est pas élastique, elle va, quand elle est déformée à un endroit, provoquer des tensions. Et les cellules n'auront plus l'espace suffisant pour fonctionner correctement.

Est-ce que ça fait mal ?

Pour rétablir l'espace nécessaire autour des cellules afin qu'elles retrouvent un fonctionnement harmonieux, l'ostéopathe s'efforce de rééquilibrer la respiration primaire. Pour cela, il va s'intéresser à l'endroit du corps où siège ce mécanisme : l'axe cranio-sacrée. Dans un premier temps, il prend la tête du patient dans ses mains et accompagne de manière quasi imperceptible le mouvement du liquide céphalo-rachidien jusqu'à ce qu'il retrouve le bon rythme. Il peut aussi agir par pressions légères sur les os du crâne pour relâcher certaines tensions. Il va vérifier si occiput, membrane et sacrum sont dans le bon axe et si le mouvement respiratoire primaire se propage bien. Toutes ces manipulations restent toujours très douces. Enfin, selon les cas, il peut intervenir au niveau du dos ou de toute autre partie du corps qui le nécessite.

A qui ça s'adresse ?

A tout le monde, y compris aux nouveau-nés, surtout quand l'accouchement s'est fait sous péridurale, par le siège, que le travail a duré plus de 8h ou moins de 2h. Elle est conseillée aux femmes enceintes. Par un travail précis au niveau du petit bassin et du diaphragme, l'ostéopathe peut faciliter l'accouchement et la récupération.

Les indications

L'ostéopathie cranio-sacrée traite beaucoup de pathologies (asthme, infections urinaires, ennuis gynécologiques...). Chez le tout-petit, elle évite que les traumatismes dus à la naissance (l'accouchement peut perturber le fonctionnement des structures crâniennes) n'entraînent plus tard des complications dentaires, dorsales... Outre cette action préventive chez les bébés, l'ostéopathie soulage les otites à répétition, les reflux anormaux, mais aussi l'hyperactivité, l'apathie, les troubles du sommeil...

Les limites

Les affections graves (cancer, tuberculose, hépatite C...) ne peuvent en aucun cas être soignées par ce biais.