L'ostéopathie ça marche vraiment

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Avant sa reconnaissance officielle en 2002, cette pratique avait déjà séduit 4 millions de Français. Et pour cause. Elle soigne de multiples pathologies pour lesquelles la médecine traditionnelle s’avère inefficace.

Relativement récent, l'engouement pour l'ostéopathie ne cesse de croître. Chaque année, cette médecine douce gagne les faveurs de 300 000 nouveaux patients. Et pourtant elle ne date pas d'hier. Mise au point en 1874 par Andrew Taylor Still, médecin américain, l'ostéopathie, comme l'homéopathie ou l'acupuncture, considère l'individu dans sa globalité.  Et cela change tout. Elle envisage les différentes parties du corps (os, muscles, glandes, peau, viscères, ...) comme autant de structures interdépendantes dont chacune gouverne une fonction : respiratoire, cardiaque, digestive... Pour les ostéopathes, seul l'équilibre entre tous ces éléments garantit un bon état de santé.

Tout est question d'équilibre

La « lésion ostéopathique », comme l'appellent les spécialistes qui regroupent sous ce terme tous les types de traumatismes, se traduit par une restriction de mobilité locale suivie d'une perte de mobilité générale. « Dans un premier temps, le corps s'efforce de compenser, c'est seulement quand il n'y parvient plus que la douleur s'exprime», explique Yannick Huard, président de l'Afrero (Association française pour l'étude et la recherche en ostéopathie), «L'ostéopathe a pour mission de rétablir l'équilibre initial. S'il rend sa mobilité à une zone qui fonctionne mal, les autres fonctionneront mieux puisqu'elles n'auront plus besoin de compenser.» Autrement dit, en corrigeant la structure qui fonctionne mal, on corrige la structure qui fonctionne trop !

Trouver où ça coince

Les seuls outils de l'ostéopathe : ses mains et sa concentration. Par des palpations attentives, il va détecter les tensions, inflammations aiguës ou spasmes qui entravent le bon fonctionnement d'un tissu, d'un organe ou d'une articulation. Pour ce faire, l'ostéopathe cherche, au sein des structures du corps, celles qui ne présentent pas un degré de mobilité suffisant. L'objectif étant de tout remettre en fonction. Ses investigations et manipulations le conduisent bien évidemment à explorer le système ostéo-articulaire (les membres inférieurs, le bassin, la cage thoracique, la colonne vertébrale et la tête), c'est ce qu'on appelle l'ostéopathie musculo-squelettique; le système crânien (le duo crâne-sacrum) ou ostéopathie crânienne, mais aussi le système viscéral (les organes abdominaux et thoraciques) - c'est l'ostéopathie viscérale.

Une seule formation, plusieurs techniques

« La formation des praticiens se fait de manière homogène sur tous les plans et englobe aussi bien le système musculo-squelettique pour les interventions au niveau de la structure (os, articulations, muscles, ligaments...) que le système viscéral, pour travailler au niveau de la fonction (digestive, artérielle, veineuse...) ou le système crânien, pour réguler tous les dysfonctionnements liés au système nerveux», poursuit Yannick Huard. Même si le praticien recourt préférentiellement à un outil thérapeutique plutôt qu'à un autre, la prise en charge du malade reste toujours globale.

Pourquoi aller voir un ostéopathe

L'ostéopathie est une thérapie complémentaire de la médecine classique. Parfois même, elle peut se substituer à elle car elle prévient et traite des troubles pour lesquels la médecine classique n'a pas de solution réelle. Elle offre par exemple un grand intérêt pour les problèmes rhumatologiques que la médecine traditionnelle a plutôt tendance à soulager à coup d'anti-inflammatoire et d'antalgiques. L'ostéopathie garantit des résultats rapides avec un effet durable puisque le spécialiste s'attaque au symptôme mais aussi à la cause. Ainsi, on évite la prise de médicaments et du même coup leur effets secondaires.


A lire : « Ostéopathie, une thérapie à découvrir» de Pierre Tricot, 19,82€, éditions Chiron. «Ostéopathie, la guérison à portée de la main», de Pierre Hammond, 5,90€ éditions Marabout. «Ostéopathie pour les bébés», de Raymond Solano, 12€, éditions Sully.

Une consultation, ça se passe comment ?

La première séance débute par un interrogatoire détaillé (les antécédents médicaux et traumatologiques du patient) qui permet à l'ostéopathe de déterminer s'il s'agit d'une lésion primaire ou secondaire. Ainsi, une douleur à l'épaule peut tout simplement s'expliquer par une chute (lésion primaire). Mais elle peut également résulter d'un dysfonctionnement du bras et du coude : on parle dans ce cas de lésion secondaire. Ou bien, dernière option, elle peut provenir d'un trouble du foie ou de la vésicule biliaire. Dans ce dernier cas, l'ostéopathe s'occupe en priorité de ces organes. Parfois, une séance suffit, mais la durée du traitement s'ajuste selon l'âge du patient, ses besoins et la gravité de son état...