L'ostéopathie articulaire contre les problèmes mécaniques

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Également appelée ostéo-articulaire, structurale ou vertébrale, «c'est la plus ancienne des approches ostéopathiques et celle que l'on considère comme l'ostéopathie traditionnelle», précise Patrick Denier, ostéopathe à Paris. Elle s'intéresse spécifiquement au fonctionnement des os, articulations, muscles et ligaments qui constituent l'architecture du corps.

Comment ça fonctionne ?

Très souvent, la remise en place d'une articulation s'effectue par le biais de manipulations dites de cracking. L'ostéopathe, en exerçant une poussée soudaine, provoque une séparation brusque des surfaces articulaires qui va surprendre le système nerveux central et provoquer un «black-out» sensoriel local. Concrètement, quand il y a une lésion, le muscle se contracte, et cette contraction, quand elle perdure, crée une inflammation. Le cracking oblige le muscle à se détendre. L'articulation, libérée des tensions exercées par la contracture, retrouve alors sa mobilité.

Est-ce que ça fait mal ?

Les craquements, parfois très impressionnants, ne sont pourtant ni douloureux ni dangereux. Il s'agit en fait du passage soudain de l'état liquide à l'état gazeux du gaz carbonique (naturellement présent dans les articulations). Patrick Denier précise : «Nos manipulations sont très douces et très précises. On commence tout d'abord par examiner l'articulation en rotation, en flexion et en extension, en traction et en compression, en inspiration et en expiration, on repère l'endroit où ça bloque et on exerce une poussée soudaine. Mais on peut aussi demander à la personne d'inspirer et d'expirer, car le mouvement effectué par le thorax crée une tension si forte qu'elle suffit parfois à elle seule pour obtenir le même résultat! Dans ce cas, il n'y a pas forcément de craquements, » D'ailleurs, aujourd'hui, d'autre technique de manipulations (comme la pression de points réflexe) viennent concurrencer le cracking. C'est pourquoi, d'un ostéopathe à l'autre, la consultation varie toujours.

A qui ça s'adresse ?

A tout le monde, exceptés bien sûr aux nouveau-nés puisque leurs articulations ne sont pas suffisamment solides pour supporter de telles manipulations.

Les indications

Cette approche se révèle particulièrement efficace pour tous les problèmes de colonne vertébrale : cervicalgies, lombalgies, déséquilibre du bassin, scoliose, douleurs sciatiques ou crurales (un nerf situé derrière la cuisse). Elle s'avère aussi intéressante pour des problèmes plus périphériques, comme les douleurs des membres, les suites d'entorse ou de fracture, les périarthrites de l'épaule, les problèmes de hanches, de genoux, de chevilles, de pieds...

Les limites

Inutile d'attendre des miracles de cette pratique si vous souffrez de problèmes au côlon ! Ce type d'ostéopathie règle exclusivement les problèmes mécaniques.


Une voisine proche : la chiropratique
Si l'ostéopathie prend en compte l'organisme dans son ensemble, la chiropratique s'intéresse plutôt aux relations entre la colonne vertébrale et le système nerveux. Chiropraticiens et ostéopathes s'attachent tous deux à rechercher l'origine du mal avant de libérer la tension, mais chacun à sa façon : les premiers effectuent des gestes amples et lents tandis que les seconds procèdent plutôt par petits mouvements rapides.