Pour la santé des bébés

Maxi Magazine Maxi Magazine - Interview Alain Andrieux (Année N.C.)

L'ostéopathie, qui agit sans utiliser de médicaments, est une bonne méthode de prévention pour les bébés. Alain Andrieux, ostéopathe, nous fournit ici quelques explications.

Maxi : Quelle définition simple peut-on donner de l'ostéopathie ?

A. Andrieux : C'est une technique manuelle qui vise à libérer le corps de ses tensions et à rétablir le mouvement.

Maxi : Le mouvement, c'est-à-dire ?

A. A : Ce  qui caractérise l'organisme humain, c'est le mouvement. Tout bouge dans le corps, même si l'on n'en a pas conscience. Les articulations, mais aussi les organes, les os, les muscles, les tendons, etc. Tous ces mouvements doivent se faire harmonieusement et sans blocage ou déformation quelque part (ce que nous, ostéopathes appelons une fixation). Lorsqu'il se produit une telle fixation, c'est-à-dire une perte de mobilité en un endroit du corps, l'équilibre est rompu. Cela constitue un terra favorable à l'installation de troubles de santé.

Maxi : Chez le bébé aussi ?

A.A : Même chez le fœtus ! Avant de naître l'enfant peut subir des pressions excessives qui entraîneront une modification de la mobilité des zones concernées. Si le bassin de la mère est étroit et que le bébé est gros, par exemple, le fœtus est obligé de «se caler», de «se coincer» pour s'adapter à son habitacle...

Maxi : L'accouchement peut-il aussi provoquer des problèmes ?

A.A : Absolument, et même un accouchement normal, qui ne dure pas longtemps, où l'on n'utilise pas les forceps, etc. Naître peut être traumatisant pour la bonne mobilité du corps, mais de façon parfois «invisible», l'ostéopathie est là pour déceler ces anomalies «fonctionnelles».

Maxi : Quelles en sont les conséquences ?

A.A : Spontanément, le corps de bébé s'adapte par une suite de réactions en chaîne. Par exemple, une déformation crânienne (le crâne est constitué de vingt deux os indépendants, qui ont besoin de bouger de façon harmonieuse) peut déformer les membranes, inextensibles, qui entourent le cerveau et se prolongent jusqu'en bas du dos. Le risque est l'apparition d'une scoliose d'origine crânienne, que seule l'ostéopathie peut déceler et traiter.

Maxi : Pouvez-vous donner d'autres exemples ?

A.A : Oui. Il peut se produire de petites fixations au niveau des vertèbres, des muscles, des cartilages, du bébé. Après la naissance, celui-ci montre ce déséquilibre en adoptant certaines attitudes.

Maxi : Lesquelles ?

A.A. : Il aura les épaules en arrière et les bras repliés vers le haut. Ou il sera toujours incliné de la même façon. Ou il tournera toujours la tête du même côté... Il adoptera des positions anormalement répétitives auxquelles il faudra prêter attention, soit pour se soulager soit parce qu'il ne peut pas faire autrement.

Maxi : Quels autres signes doivent alerter les mamans et les amener à consulter un ostéopathe ?

A.A : Un enfant qui pleure exagérément sans raison médicale, qui a des troubles du sommeil importants, des maux de ventre inexpliqués...

Maxi : À partir de quel âge peut-on consulter l'ostéopathe ?

A.A : Dès la naissance !

Maxi : Est-ce douloureux pour l'enfant ?

A.A : Douloureux, certainement pas ! La preuve : après avoir protesté un peu au début, bébé s'endort !

Maxi : Combien de temps dure une séance ?

A.A : 45 min, dont 30 min de manipulations.

Maxi : Combien de séances sont nécessaires ?

A.A : Souvent on observe des progrès après deux à trois séances. Il faut ensuite en prévoir deux ou trois de plus par an de «consolidation», qui vont en s'espaçant au fur et à mesure que l'enfant grandit.